Incubateur Belle de Mai

Blockchain : libérez la créativité !

réseau de milliers de traits lumineux

De plus en plus de projets voient le jour en s’appuyant sur la blockchain. Bercée par un idéal de décentralisation, d’égalité et d’inviolabilité, cette technologie va-t-elle permettre au monde des médias de trouver un nouvel équilibre entre auteurs, diffuseurs et publicitaires ? Tour d’horizon de l’état de l’art en 2019.

Faciliter la circulation des médias grâce à la blockchain

Accès facile aux médias, circulation des biens culturels, mais aussi copie, plagiat, pillage, fake news… Internet a son côté obscur qui ébranle l’économie culturelle et la confiance démocratique.
Sans outil efficace, les auteurs voient leur œuvre s’échapper, les journalistes leur travail contesté.
Outil de transparence, la blockchain apporte des solutions.

Authentification et traçabilité des œuvres sur la blockchain

Grâce au marquage numérique, la blockchain permet d’acter la naissance d’une œuvre ou d’une information de façon irréfutable, de la comparer avec d’éventuelles copies postérieures, de garantir son authenticité.
Dans le milieu culturel, on peut imaginer qu’un artiste-compositeur dépose la partition de son morceau de musique dans un registre géré par une blockchain. Une étiquette numérique accrochée à l’œuvre permet ensuite de suivre la partition : est-elle interprétée par tel chanteur, diffusée par tel support… ?
Pour les journalistes, la blockchain permet de garantir l’authenticité des sources. Avec un point de naissance numérique, il devient difficile de contester la véracité d’images de vidéo surveillance par exemple. Ou d’associer des photos datées à des événements actuels.
Avec la blockchain, l’existence d’un objet réel ou immatériel fait l’objet d’un consensus distribué et partagé. N’importe qui a accès à l’information, et elle est valable parce que reconnue et acceptée par tous.

Aussitôt consommé, aussitôt rémunéré : des royalties quasiment instantanées

Voilà une des grandes avancées possibles avec la technologie blockchain : suivre la consommation de chaque média et en rémunérer automatiquement l’auteur.
La blockchain permet d’exécuter des « smart contracts » ou contrats intelligents afin de procéder à des micro paiements. Un utilisateur regarde un film, les ayants droits obtiennent les royalties quasi instantanément, selon les termes fixés dans le smart contract. Les intermédiaires sont, de fait, écartés de la chaîne de valeurs. Les coûts sont ainsi réduits.
Une autre application de la blockchain est la traçabilité des œuvres numériques. Les auteurs pourraient connaître exactement le volume de diffusion de leur œuvre, les supports utilisés et ainsi contrôler les rémunérations des intermédiaires.
La publicité en ligne est un domaine qui pourrait y gagner. Actuellement, le système de « real time bidding » (les enchères en temps réel grâce au programmatique), a complexifié la chaîne de valeurs en multipliant les intermédiaires. L’utilisation du budget est opaque pour l’annonceur. Un registre blockchain pourrait retracer l’ensemble du parcours d’une publicité digitale avec bien plus de transparence et de fiabilité.

Prototypes et premiers pas des acteurs du marché

Au Canada, un groupe média public explore les possibilités de la blockchain

Le groupe média TFO est une entreprise publique canadienne qui réalise et distribue du contenu éducatif, en langue française. Elle a lancé un prototype de blockchain en mars 2018 dans le milieu de la production et de la diffusion audiovisuelle.

Selon TFO, cette blockchain apportera :
1. Auprès des diffuseurs
• La garantie de la véracité des statistiques de consommation, argument de vente essentiel lors des négociations de contrats.
• La traçabilité inaltérable des crédits et de la rétribution.
• La capacité à sous-licencier les œuvres tout en conservant un meilleur contrôle sur leur usage, attribution et rétribution.

2. Auprès des producteurs et ayants-droits
• Tous les points susmentionnés.
• La facilité à créer et présenter de façon transparente des rapports d’utilisation et de répartition des redevances et revenus de licence auprès des investisseurs.
• La diminution des frais légaux et l’obsolescence de certains audits complexes.

3. Auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne :
• L’irréfutabilité des ententes et licences facilite les échanges et collaborations, et stimule le marché dans son ensemble.

Le prototype est actuellement confié à un Think Tank Accelerator pour étudier comment il peut être utilisé par d’autres entités.
Voir l’interview d’Eric Minolli, VP Technologies & Optimisation du Groupe Media TFO

Des applicatifs émergent : tour d’horizon des précurseurs du marché

Dans le secteur privé, la solution Ikast cherche à répondre aux problématiques rencontrées par les éditeurs de contenu, les plateformes de vidéos et les publicitaires en matière de transparence, de revenus et de visibilité.
La technologie de la blockchain permet de suivre la diffusion de vidéos et des smart contracts vont recouper ces informations avec les droits de diffusion enregistrés (pays, langues, temps de visionnage…). L’expérience de visionnage va également être scrutée : qualité du streaming, efficacité des publicités… ce qui permettra à chaque intervenant de détenir des informations précises sur l’expérience du consommateur.
Les smart contracts permettront également une rémunération quasi-immédiate des royalties, basée sur les informations récoltées.
Ikast prévoit une sortie complète en janvier 2020. Plus d’informations sur ikast.io

Avec IPOCAMP, la blockchain est utilisée pour sa fonctionnalité d’ancrage et d’horodatage. Ce service permet en effet de déposer un document de n’importe quel format (vidéo, pdf, illustration,…) dans la blockchain et d’obtenir ainsi un certificat international horodaté du dépôt. Ce certificat va servir de preuve lors d’un conflit de plagiat ou de contrefaçon.

Dans le domaine des réseaux sociaux, de nouveaux acteurs s’appuient sur la blockchain pour proposer des solutions plus respectueuses de la vie privée. Par exemple, Sapien permet de contrôler ses données personnelles mais aussi de rémunérer les éditeurs de contenu. En permettant l’évaluation des contenus, Sapien offre un outil pour combattre les fake news.

Une révolution qui va prendre du temps

Le rôle de chaque acteur de l’écosystème médiatique est à repenser, sont-ils prêts ?

Satoshi Nakamoto, créateur du Bitcoin, a créé cette blockchain en suivant trois principes fondamentaux : transparence, équité, égalité. Les informations partagées, connues de tous, permettent ainsi de diminuer les intermédiaires, donc les coûts, pour une plus grande équité.
Pour que ces grandes valeurs s’appliquent à une économie, il faudrait que tous les intervenants jouent le jeu. Et ce n’est pas forcément dans leur intérêt…
Dans le domaine des médias, les auteurs et ayant-droit sont les parties qui tireraient le plus avantage à ce que ce type de circulation d’information soit mis en place.
Les plateformes de diffusion, les régies publicitaires mettraient du temps à transformer leurs process, mais gagneraient en efficacité en injectant plus de transparence dans leur modèle économique.

Créer des normes universelles pour des blockchains efficaces, un travail de titan

Enfin, la question de la norme est également un gros caillou dans la chaussure. Quels formats, quelle monnaie, quels indicateurs ? Tout est à créer. Plusieurs acteurs se lancent sur ce marché (voir plus haut), mais le consensus sera long à trouver.
À n’en pas douter, un zeste d’ingéniosité, une grande cuillère de négociation et beaucoup de passion seront nécessaires pour voir aboutir des blockchains dans les médias.

Utiliser la blockchain au quotidien, nous le faisons déjà à l’Incubateur Belle de Mai

La blockchain n’est pas seulement un eldorado, c’est une réalité. À l’Incubateur, nous utilisons tous les jours des services basés sur la blockchain.
Pour aller sur internet, nous ouvrons Brave, un navigateur web ayant pour objectif de protéger la vie privée des utilisateurs. Il bloque les publicités trop intrusives et les traqueurs en amont. À la place, Brave proposes ses propres publicités négociées avec des annonceurs, qui sont censées être plus respectueuses de la vie privée des membres.
Brave instaure une relation directe entre l’éditeur de contenu et l’utilisateur. L’internaute constitue un portefeuille en crypto-monnaie (Basic attention token) et Brave rémunère les sites et les annonceurs en fonction du temps de connexion.
Un réseau décentralisé que nous utilisons également : ZeroNet. C’est un réseau de sites internet, sans serveurs centraux. L’ordinateur de chaque utilisateur héberge une partie du contenu. Ainsi, le site ne peut jamais être coupé.
Pour lire des articles de presse indépendants, nous consultons Civil. Cette plateforme d’articles de presse, est basée sur une gouvernance forte des utilisateurs. Tout article (inscrit dans une newsroom) présentant des lacunes, des erreurs voire des fake-news peut faire l’objet d’un débat qui peut aboutir à sa suppression. Les newsrooms et leurs contenus doivent respecter les règles d’une constitution pour un journalisme éthique. Les lecteurs sont les garants du respect de cette constitution.
Pour nous divertir et parier sur l’avenir, nous aimons naviguer sur Augur. Cette plateforme de prédiction décentralisée est un véritable marché, contrôlé par ses utilisateurs. Ils parient sur la probabilité qu’un événement se produise ou non. Le fonctionnement est le même que pour les paris sportifs, sauf qu’on peut ouvrir un pari sur n’importe quel sujet. Très amusant !
Enfin, plus sérieusement, nous vous présentons KeeeX, que nous avons accompagné plusieurs années à l’Incubateur Belle de Mai. C’est un outil de certification de données et de signature numérique, qui permet également le versionnage de documents grâce à la blockchain. Cette solution a déjà séduit de grandes entreprises françaises !

Pour en savoir plus sur la blockhain (du plus simple au plus complexe) :

 

L’Incubateur Belle de Mai accompagne des projets de créations d’entreprises innovantes dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et leurs usages. Nos chargés d’affaires, ingénieurs de formation, apportent un soutien tant technique et technologique que financier aux porteurs de projet incubés.
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