Incubateur Belle de Mai

Cédric Derycke: « L’entrepreneuriat, c’est 10% d’idée, 90% de réalisation »

CD-PE

Il fait partie de ces entrepreneurs réalistes. D’ailleurs, Cédric Derycke le concède sans peine : il n’a pas inventé son concept. Il l’a importé. Et à voir le développement de Prof Express – son service de téléassistance aux devoirs de la primaire au lycée – on se dit que ça n’a finalement pas d’importance. Rencontre avec une (autre) success story de l’Incubateur Belle de Mai.

Il suffit de l’écouter raconter son projet. Cédric, qu’est ce que Prof Express ? « Prof Express permet à un écolier, un collégien ou un lycéen de se connecter à une plateforme et de se faire aider pour ses devoirs par un enseignant de l’éducation nationale. Par écran interposé ou par téléphone. » Tout simplement.

Non Cédric Derycke ne s’embarrasse pas d’effet de manche. Il sait ce qu’il veut. Il va droit au but. Et ça se ressent dès les premiers échanges. Notamment lorsqu’il raconte son passage par l’Incubateur Belle de Mai. Là où une majorité de porteurs de projet expliquent comment ils sont parvenus à intégrer la structure, Cédric Derycke, lui, explique pourquoi il a choisi la Belle de Mai. Parmi 5 autres incubateurs…

Question naïve : Cédric, qu’est ce qui a fait que Prof Express a séduit l’Incubateur ? « Il faut savoir que l’incubation n’était qu’une étape de la création de notre entreprise. On est allé à la rencontre de six structures d’aide à la création d’entreprise à travers la France. Et on a choisi la Belle de Mai parce qu’ils travaillaient beaucoup sur le e-learning, notre domaine d’activité. Et aussi parce que le dispositif d’aide qu’ils nous proposaient était le plus complet », rectifie le porteur de projet.

Et en quoi consistait cette aide ? « En plus du prêt financier et du carnet d’adresses que nous ouvrait la Belle de Mai, il y avait aussi la possibilité de nous installer pendant l’incubation dans leurs locaux », raconte Cédric Derycke. En 2006, Prof Express s’installe donc dans les bureaux de la Belle de Mai, ce qui permet notamment à la start-up d’accueillir un stagiaire dans de bonnes conditions.

Quant aux cartes de visite que lui exposent les équipes de l’Incubateur, Cédric Derycke ne s’est pas fait prier pour piocher dans les nombreux contacts mis à sa disposition : « la structure d’accompagnement a joué un vrai rôle de facilitateur et nous a permis de rencontrer toute une série de prestataires et consultants qui ont joué un rôle certain dans l’aboutissement de notre projet », se souvient le co-fondateur de Prof Express. Des appuis dans les questions juridiques, dans le marketing notamment. Des prestataires et des consultants qui ont apporté leur pierre à l’édifice.

Prof Express, seul service français de l’aide ponctuelle aux devoirs à distance

On l’a dit, Prof Express est un concept importé par Cédric Derycke et son partenaire de l’époque. « L’idée existait déjà aux Etats-Unis et au Québec, tutor.com et Allo Prof. Le concept fonctionnait là bas, on a donc décidé d’adapter leur modèle au marché français. » Adapté ? Oui. Le développement de Prof Express ne s’est pas fait sans une bonne dose d’adaptation. « Si on a mis Prof Express sur le marché en 2010, on a complètement changé de modèle en cours de route. On était parti sur du B2C. Et on s’est rendu compte que ça ne fonctionnait pas. On est donc – heureusement – passé à du B2B. Si on n’avait pas pris cette décision, Prof Express n’existerait plus aujourd’hui », constate le porteur de projet.

Ce n’est plus directement aux particuliers que s’adresse l’offre de Prof Express. Mais bien aux entreprises et aux structures institutionnelles et associatives : « principalement des comités d’entreprise, qui proposent ensuite ce service à leurs salariés. Pour leur famille», explique le porteur de projet. Et avec près de 500 client-entreprises, c’est à plusieurs milliers d’utilisateurs qu’il s’adresse en réalité aujourd’hui.

Prof Express, c’est donc une affaire qui roule ! « Nous ne faisons pas les devoirs à leur place. Nous les aidons à les réaliser. » Comment ça marche ? Aider un élève pour ses devoirs, c’est avant tout répondre à ses questions : « l’élève pose sa question. En fonction du niveau d’urgence de son interrogation, il choisit le mode d’intervention de l’enseignant. La classe virtuelle : en quelques secondes, l’élève est connecté à un enseignant, en direct. Ou le téléphone : un enseignant le rappelle dès qu’il est disponible. » Prof Express ce n’est pas plus compliqué que ça.

Combien ça coûte ? « Le soutien est apporté sans aucun coût pour l’élève ou sa famille, quelque soit le niveau de vie.  Notre approche a une dimension sociale indéniable : nous visons à promouvoir l’égalité des chances dans l’éducation », explique le chef d’entreprise. Et de poursuivre : « L’accès aux enseignants est illimité : l’élève peut poser autant de questions qu’il le souhaite. »

Et comment est-ce possible ? « Cette aide aux devoirs est entièrement prise en charge par le comité d’entreprise, l’entreprise, l’institution ou l’association. Prof Express contracte uniquement avec ce type de tiers payeur pour que tout soit pris en charge pour l’utilisateur. » Voilà donc le fameux modèle B2B !

Aujourd’hui Prof Express pèse près d’1.5 millions d’€ de chiffre d’affaires. La start-up est bénéficiaire depuis 5 ans maintenant. « A moyen terme, nous allons nous focaliser sur la diversification de notre offre de service », explique Cédric Derycke.

Entreprendre c’est savoir vendre !

Prof Express a donc de beaux jours devant lui. Profitant d’être en contact avec une des belles success story qu’a connu l’Incubateur Belle de Mai, on en a profité pour lui demander à Cédric : qu’est ce qui fait un projet qui marche ?

Sa réponse ne souffre pas de langue de bois : « il ne faut surtout pas avoir une approche produit. Il faut penser tout de suite au client : la priorité c’est de vendre son produit. » Autrement dit, il faut avoir vendu son concept avant de le construire. En tout cas, c’est le conseil de Cédric Derycke : « je vois tellement de jeunes porteurs de projet dans les incubateurs qui passent des mois et des mois en R&D, sans même savoir à qui ils vont vendre leur concept. Et j’en vois tellement échouer lorsqu’il s’agit de commercialiser le fruit de leur travail. Selon moi, il faut très vite penser à son business model, à sa cible. »

Et la qualité principale d’un bon entrepreneur selon le fondateur de Pro Express ? On vous le donne en mille : « être un bon commercial. Entreprendre, c’est savoir vendre ! » Voilà qui est dit !

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