Activpik, une plateforme de diffusion vidéo pour les entreprises 100% novatrice

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Écrit par Kunckler Florian

Céline Souliers, directrice par intérim de l’Incubateur Belle de Mai, l’assure : « Activpik, c’est tout ce qu’on aime à la Belle de Mai. Un entrepreneur focalisé sur l’innovation, proposant une techno à haute valeur ajoutée et un modèle économique solide. » S’il fallait en citer un, ce serait peut-être lui. Ce profil type d’entrepreneur à qui l’incubation va si bien. Rencontre avec Stéphane Barbati, fondateur d’Activpik,  une plateforme de diffusion de contenus vidéo pour les entreprises, 100% novatrice.

Stéphane Barbati a une prétention : « faire ce que YouTube ne sait pas faire ».  C’est en tout cas ce qu’il répond à ceux qui lui disent que son projet croise les possibilités de celles du géant de Google. Car si Activpik fait de la diffusion vidéo, il le fait autrement. « Notre média est destiné à diffuser du contenu à haute valeur ajoutée, ayant une cible bien différente de celle d’autres plateformes en ligne.»
Autrement dit, l’équipe de Stéphane Barbati a décidé de ne pas mélanger les torchons et les serviettes : « pas de vidéo de chat sur notre plateforme. Notre média est dédié aux entreprises et sera, pour elles, un moyen de diffusion sur-mesure : beaucoup plus de possibilités pour le diffuseur en termes d’indexation, d’enrichissement et d’expérience utilisateur que ce que l’on trouve actuellement sur le marché. » .
Un véritable bond en avant du côté de la techno et déjà de nombreuses évolutions dans sa musette. Car Activpik c’est avant tout une équipe innovante selon son fondateur. C’est aussi l’aboutissement d’un parcours individuel riche et inspiré.

Plus qu’un parcours, une destinée d’entrepreneur

Stéphane Barbati est tombé dans la marmite de l’informatique quand il était petit. « A l’été 1987, mon bac en poche, je n’ai qu’une idée en tête : faire de l’informatique. Il se trouve malheureusement qu’à cette époque, beaucoup pensent que l’informatique n’a pas d’avenir. » En 2013, cela peut faire sourire. Reste que le jeune homme se dirige vers un tout autre secteur : la physique-chimie. Il se destine au métier d’enseignant-chercheur, mais ne reste jamais très loin de ses premières amours : le numérique. « Pour mon plaisir évidemment, mais aussi dans le cadre de mes travaux. Etant chercheur, je découvre internet dès ses balbutiements et commence très vite à programmer du HTML. »

Mais c’est une autre passion qui lui mettra la puce à l’oreille. « Je fais partie d’une troupe de théâtre  qui a une problématique : faire venir le public à ses représentations. » Plutôt que d’attendre des spectateurs qui ne viennent pas, il décide d’aller vers le public et de filmer leurs représentations pour  les mettre en ligne. « Je découvre à mon grand étonnement qu’il subsiste de grosses lacunes dans la diffusion du savoir et de la culture en ligne ». Activpik était déjà en gestation.

De là à s’y consacrer professionnellement, il n’y avait qu’un pas. « Marseille-Provence a lancé en 2010 un appel à projet concernant la mise en ligne de contenus vidéos liés à la culture. J’ai assez naturellement répondu à l’appel d’offre. C’était l’occasion de voir si mes idées pouvaient convaincre. » MP2013 valide son projet qui se nommera Y-2013. Stéphane Barbati réunit une petite équipe d’experts, pour le moins transversale : « des informaticiens, des techniciens de l’image et du son, des sociologues, des spécialistes des nouveaux usages sur le web, des juristes et mêmes des neuroscientifiques capables d’analyser le comportement du spectateur. » N’y voyez pas d‘excès de zèle. Stéphane Barbati voyait grand et avait déjà sa petite idée en tête. « Je savais dès le début que cette aventure ne s’arrêterait pas là. Il y avait matière à créer une entreprise. »
Ce qui n’était qu’une intuition devient rapidement une certitude. « Et puis je me lassais un peu du quotidien de la fonction publique et souhaitais sortir du train-train de l’universitaire. Je n’arrivais pour autant pas à me résoudre à tout plaquer ». Il trouve dans la loi Allègre de 1999 sur l’innovation et la recherche un compromis idéal : la possibilité pour un enseignant-chercheur de créer une entreprise de valorisation tout en conservant son statut. Il passe enfin de l’autre côté de la barrière : de fonctionnaire, il devient entrepreneur.

Le plongeon dans le grand bain de la création d’entreprise

« Je crois que c’est de voir mon projet validé, mes idées faire des émules, qui m’a poussé. » Bien sûr, il y avait des risques, « on doit en accepter une partie, c’est inévitable. Mais il fallait que je les limite au maximum : à 45 ans avec une famille, il faut tout de même quelques garanties. »

Il se dirige naturellement vers l’Incubateur Belle de Mai : « il y a une grande proximité entre l’incubateur multimédia et l’Université. Activpik est un média. Je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement. » Une solution naturelle et confortable pour Stéphane Barbati : une expertise, un soutien qu’il sait apprécier et une enveloppe financière sont des atouts considérables à ses yeux. Son projet est examiné et encore une fois validé : septembre 2012, Activpik entre en incubation.

« Ma première requête a été que mon entreprise soit hébergée dans les locaux de la Belle de Mai. » Un bon moyen pour Stéphane Barbati et son équipe de travailler dans une dynamique positive, « et surtout de côtoyer d’autres entrepreneurs pour partager nos expériences. »

L’équipe Activpik se met au travail, avec le soutien des différents experts mis à disposition par l’incubateur. Quelques mois passent et le projet prend forme. « Au printemps 2013, nous sommes déjà entrain de valider notre étude de marché et d’élaborer un produit minimum viable. » Le dirigeant ne se ménage pas et a déjà commencé sa prospection commerciale. « Nous avons fait des devis et accumuler de très bons contacts, en attendant de signer notre premier contrat. »

Activpik : de la diffusion à haute valeur ajoutée

Activpik, c’est un nouveau segment de marché à lui tout seul. « L’idée était d’aller plus loin que l’offre présente. D’indexer plus efficacement, de mieux analyser et d’enrichir un maximum. Notre techno est un atout considérable pour les entreprises et les agences digitales qui souhaitent communiquer avec du contenu vidéo. »

Stéphane Barbati partait d’un constat : il y a une explosion de vidéos sur le web, plus de 100 heures de vidéos sont publiées chaque minute ! « Le search sur internet ne sait pas exploiter les contenus audiovisuels. Nous arrivons à un point de basculement où l’image dépasse le texte. Nous prévoyons que les moteurs de recherche traditionnels vont rapidement devenir obsolètes, car ils ont été développés sur la recherche de texte. »

C’est à cette problématique que répond Activipik. « Nous avons développé une technologie d’analyse des vidéos qui permet d’extraire son matériel sonore et ses images toutes les informations possibles. Nous effectuons comme une sorte d’analyse ADN des contenus où les informations sont indexées en fonction d’un code de temps. »

Côté économique, Stéphane Barbati s’oriente naturellement vers le B2B et choisit un modèle  freemium : une partie en utilisation gratuite et des fonctions avancées payantes.
Avec un résultat dont le lancement est déjà prévu : « septembre 2013 pour la première version », annonce l’entrepreneur. « Mais Activpik ne s’arrêtera pas là, nous sommes très actifs dans la recherche. Nous avons une ressource dédiée à l’innovation, qui travaille aujourd’hui principalement autour de la reconnaissance des personnalités et des marques sur la  vidéo. » La version suivante est déjà en gestation.

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