Tanguy Robet, fondateur de Wannago : « ça aurait été trop dommage de ne pas se lancer »

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Écrit par Kunckler Florian

Tanguy Robet a une ambition : mettre à la disposition des visiteurs d’une destination touristique l’information la plus complète, la plus juste et surtout la plus actuelle possible. Ce spécialiste de la conception d’applications mobiles a pensé et lancé Wannago, une plateforme qui permet déjà de retrouver en quelques secondes toute l’info des offices et des professionnels du tourisme dans un secteur donné. Rencontre avec un entrepreneur, spécialiste du digital, qui a voulu aller au bout de son idée…

A l’Incubateur Belle de Mai, beaucoup de projets ont commencé par une phrase. « C’était trop dommage ». Trop dommage pour ne pas foncer. Pour ne pas répondre à ce besoin. Pour ne pas combler ce vide. Entreprendre demande beaucoup de courage. On peut imaginer qu’il faut donc au moins ça. Au moins cette certitude que le projet pour lequel on s’apprête à tout quitter – ce concept auquel on va dédier ses journées et ses nuits – est une évidence. Et qu’il aurait été trop dommage de ne pas y aller.

Tanguy Robet les a prononcé ces mots, il y a 5 ans. Il se souvient, il revenait en famille d’une fête médiévale à Peyrolles-en-Provence. « C’était une de ces journées parfaites en famille. L’événement était idéal pour passer un bon dimanche avec ses enfants. Et ça aurait été le cas pour bon nombre de familles aixoises, toulonnaises, marseillaises. Mais l’information ne leur est pas parvenue. J’ai trouvé vraiment dommage que cet événement ne puisse pas communiquer au delà de l’office de tourisme local et de son site web. »

Peyrolles-en-Provence, un point de départ bien anonyme, considérant l’envergure et les perspectives de Wannago. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a prononcé ces quelques mots. Et aujourd’hui, après 5 années de sueur, il n’en démord pas : ça aurait été trop dommage.

« Du concept au produit, aujourd’hui, cela va très vite »

Alors il décide de se lancer. Son idée prend forme. Cet ancien ingénieur dans les télécoms faisait déjà dans le business des applications mobiles avec son entreprise Azur Consulting. C’est sûr, ça aide. « Le pas a été vite franchi ».

Voilà d’ailleurs ce qui le fascine aujourd’hui dans le digital. « Les technologies sont tellement avancées qu’entre l’idée, le concept et le produit, cela va très vite. C’est exaltant tout ce que l’on peut faire aujourd’hui. »

Des possibilités infinies qui constituent aussi, selon lui, le principal écueil de l’entrepreneuriat sur le web en 2015 : « ça va tellement vite et ça peut être tellement facile de créer un nouveau produit qu’on oublie parfois de se demander réellement si le concept va servir les usagers. Si c’est un vrai pas en avant ou juste une fantaisie. »

C’est souvent au moment de commercialiser le produit que l’on se rend compte de cette difficulté : « L’accès au marché est coûteux. Très coûteux. Si le projet n’a pas été pensé directement pour les usagers, il est difficile de convaincre les investisseurs. »

Quant à lui demander ce qui fait selon lui la qualité d’un bon entrepreneur, il rétorque sans surprise : « avoir une bonne lecture de son marché pour distinguer ce qui est réel et ce qui relève du fantasme . » Il ajoute tout de même : « savoir s’entourer est tout aussi important. Il faut trouver les bonnes compétences pour bien démarrer. En ce sens l’expérience d’incubation est extrêmement bénéfique. »

L’incubation selon Tanguy Robet : « de parfaits aiguilleurs »

Il le dit facilement : il la recommande sans hésiter. L’incubation du projet Wannago à la Belle de Mai a largement concouru à faire murir son concept. « Nous avons été incubés pendant la première phase de notre projet. On a pu profiter d’un vrai support logistique, d’un cadre de travail qui nous a fait grandir », expose le dirigeant.

Mais au delà des apports matériels, Tanguy Robet tient à mettre un autre intérêt en avant : « durant une incubation, vous emmagasinez un nombre incroyable d’informations. Vous rencontrez toutes sortes de professionnels gravitant autour de l’entrepreneuriat. C’est cela la vraie force du processus : vous orienter vers ce qui vaut la peine d’être su. Vers les personnes qu’il vous faut rencontrer. Les accompagnants de la Belle de Mai sont avant tout de parfaits aiguilleurs. »

Du concept jusqu’au produit : l’offre de Wannago

Qu’est ce donc que le concept Wannago ? Et bien c’est tout simplement une application mobile gratuite, destinée au public le plus large. « Cela vous permet d’avoir à disposition toutes les informations sur tout ce qui se passe autour de vous. » Restos sympas, bars, soirées, événements, musées. Tout. Voilà pour les usages.

Quelle valeur ajoutée ? « Avec Wannago, vous avez à disposition la meilleure source d’informations : celle des offices de tourisme. Des professionnels de la promotion des territoires. En pratique, l’appli est connectée aux bases de données des offices de tourisme. » Quels bénéfices pour les professionnels du tourisme ? « Nous proposons à tous ceux qui gravitent autour de l’offre touristique de prendre en main la section de Wannago qui répertorie leurs activités. De la préciser, de l’actualiser, de l’enrichir. Puis nous partageons ces informations enrichies avec les différents offices de tourisme avec lesquels nous avons des partenariats. »

Donnant-donnant

Un processus simple où tout le monde y gagne. En souscrivant un abonnement bon marché, les offices de tourisme augmentent leur visibilité et mettent à jour leurs informations. Les professionnels du tourisme eux se voient proposer un nouveau canal de communication à moindre frais.

« Wannago génère automatiquement une page Web-Mobile pour chaque objet touristique du territoire (professionnels, évènements, activités…), éditable par leur propriétaire. Il ne leur reste plus qu’à la prendre en main, pour mettre en avant leur image, leur offre touristique, leurs promotions », explique Tanguy Robet.

Voilà donc le modèle économique de Wannago, de petits abonnements pour les offices de tourisme – entre 150€ et 950€ l’année pour promouvoir leur territoire et actualiser leurs informations – et une offre pour les professionnels du secteur – entre 60€ et 90€ à l’année pour prendre en main leur « mini site mobile ». Ces derniers recevront également un QR code à afficher sur leur devanture, «  qui permettra aux visiteurs internautes de retrouver directement leurs informations sur l’appli Wannago. »

De belles perspectives

Pour fonctionner, Wannago doit maintenant élargir sa couverture. « Aujourd’hui, nous existons dans toute la région Rhône-Alpes et dans près de 75% de la région Paca. » Tanguy Robet ne le cache pas : il reste encore du travail. Même si dans l’état actuel du réseau, les offres de 600 villes sont déjà disponibles. « Nos ambitions ? Tout simplement couvrir l’ensemble du territoire français avant la fin de l’année ». Et ainsi propulser Wannago en un acteur incontournable du tourisme en France.

Mais cela ne passera pas sans un vrai travail de fond. Le dirigeant l’admet : « nous devons aussi travailler sur la maturation de notre offre. Sur sa commercialisation. Cela va être une de nos priorités pour 2015 ! ».

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